Les premiers pas

Commencer sans avoir peur de se tromper

Le droit de débuter sans tout savoir.

Une famille accompagne un enfant dans sa découverte des échecs

Quand un enfant découvre les échecs, il entre dans un jeu qu’il ne connaît pas encore, avec ses règles, ses pièces, ses habitudes et tout un vocabulaire qui peut sembler compliqué au premier abord. C’est souvent là que naît une petite appréhension, chez l’enfant comme chez les parents : peur de ne pas comprendre, de perdre trop souvent, de ne pas être assez bon. Pourtant, apprendre les échecs commence justement par là, par le droit de ne pas savoir.

Au Lalbenque Chess Club, un débutant n’a rien à prouver. Il apprend progressivement à déplacer les pièces, à reconnaître l’échec et le mat, puis à comprendre quelques idées simples : protéger son roi, développer ses pièces, regarder ce que prépare l’adversaire. Tout cela vient avec le temps. Il n’est pas nécessaire de mémoriser des ouvertures compliquées ni de connaître des dizaines de variantes pour commencer à jouer. Une partie, puis une autre, suffisent déjà à faire apparaître des choses que l’on ne voyait pas la semaine précédente.

Les erreurs occupent une place importante dans cet apprentissage. On laisse une pièce en prise, on joue trop vite, on ne voit pas une menace. Cela arrive à tous les débutants et continue d’arriver, autrement, aux joueurs plus expérimentés. Une erreur regardée après la partie devient souvent beaucoup plus utile qu’une longue explication. L’enfant comprend ce qui s’est passé parce qu’il l’a vécu sur l’échiquier. La fois suivante, il regardera peut-être un peu plus longtemps avant de jouer.

C’est aussi pour cela qu’il n’y a pas vraiment d’âge idéal pour commencer. Certains enfants découvrent les échecs très jeunes, d’autres à huit, dix ou douze ans. Ce qui compte davantage, c’est la curiosité, l’envie de jouer et le plaisir de revenir devant l’échiquier. La progression ne se fait pas au même rythme pour tout le monde et elle n’a pas besoin de l’être.

Les échecs offrent surtout un espace où l’on peut essayer, réfléchir, recommencer et avancer sans conséquence réelle lorsque l’on se trompe. Une partie perdue reste une partie. On peut en parler, revoir un moment, comprendre quelque chose et repartir jouer. C’est une manière assez simple d’apprendre que l’erreur n’interdit pas de continuer.

Et puis il y a le plaisir de jouer avec quelqu’un. Un autre enfant, un adulte, parfois un joueur beaucoup plus expérimenté. Le club sert aussi à cela : rencontrer, partager une partie, écouter une explication, regarder comment les autres jouent. Le jeu devient peu à peu familier, et ce qui paraissait compliqué au départ cesse de l’être.

Pour commencer les échecs sans avoir peur de se tromper, il faut donc surtout accepter de commencer comme on est : sans tout connaître, sans chercher immédiatement à bien jouer, avec simplement l’envie de comprendre un peu mieux à chaque partie.

C’est déjà beaucoup.

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