♟️ Fahim : quand les échecs deviennent une chance de rester debout
Un film sur les échecs, l’exil et la confiance Dans les films sur les échecs, il y a souvent un échiquier, une compétition, un enfant doué, un entraîneur exigeant. Avec Fahim, tout cela existe. Mais le film va chercher ailleurs. Il raconte ce qui se joue autour de la partie
LA CHRONIQUE DU MERCREDICINÉMA EN JEU
6/27/20263 min temps de lecture


♟️ Fahim : quand les échecs deviennent une chance de rester debout
Un film sur les échecs, l’exil et la confiance
Dans les films sur les échecs, il y a souvent un échiquier, une compétition, un enfant doué, un entraîneur exigeant. Avec Fahim, tout cela existe. Mais le film va chercher ailleurs. Il raconte ce qui se joue autour de la partie. Le départ, la peur, les papiers, l’attente, la fatigue d’un père, le silence d’un enfant qui a dû quitter trop tôt une partie de sa vie.
Réalisé par Pierre-François Martin-Laval, Fahim s’inspire de l’histoire de Fahim Mohammad, jeune joueur d’échecs né au Bangladesh. Avec son père, il arrive en France après avoir fui son pays. Le reste de la famille est resté là-bas. À Paris, la promesse d’un avenir meilleur se heurte vite à une réalité dure : demander l’asile, attendre, ne pas savoir, vivre avec la menace d’une expulsion.
Dans ce contexte, les échecs ne sont pas un simple loisir. Ils deviennent un point d’appui. Une langue possible. Un endroit où Fahim peut encore agir, réfléchir, construire, alors que beaucoup de choses lui échappent. Sur l’échiquier, il retrouve une forme d’ordre. Les règles sont claires. Les pièces ont une place. Chaque coup compte.
Une rencontre décisive autour du jeu
Le film met aussi en avant la rencontre entre Fahim et Sylvain, l’un des meilleurs entraîneurs d’échecs de France. Au départ, rien n’est évident. Il y a de la distance, de la méfiance, des caractères qui se frottent. Puis quelque chose se met en place. Pas un miracle. Un travail. Des séances. Des erreurs. Des reprises. Une relation qui avance parce que chacun finit par reconnaître quelque chose chez l’autre.
C’est l’un des aspects les plus justes du film. Les échecs ne sauvent pas par magie. Ils demandent de la discipline, de la patience, de l’écoute. Ils révèlent aussi ce qu’un enfant porte déjà en lui : une capacité de concentration, une combativité, une intelligence du jeu, mais aussi une fragilité.
Dans Fahim, le championnat de France d’échecs devient alors bien plus qu’une compétition. Pour beaucoup de joueurs, un tournoi est déjà une épreuve. Il faut gérer le temps, la pression, la fatigue, les adversaires, les positions qui tournent mal. Pour Fahim, il y a autre chose en plus. Il joue avec une menace au-dessus de lui. Gagner n’est plus seulement gagner une coupe. C’est peut-être ouvrir une porte.
Ce film parle donc des échecs, mais aussi de ce que les échecs peuvent permettre quand ils sont transmis avec exigence et humanité. C’est pour cela qu’il trouve naturellement sa place dans une rubrique consacrée au cinéma et aux échecs. Il rappelle que le jeu d’échecs n’appartient pas seulement aux clubs, aux classements, aux pendules ou aux feuilles de partie. Il peut entrer dans une vie à un moment décisif.
Pour le Lalbenque Chess Club, un film comme Fahim résonne fortement. Parce qu’un club d’échecs, même modeste, peut devenir un lieu d’accueil. Un endroit où l’on vient d’abord pousser des pièces, puis où l’on trouve parfois autre chose : une attention, un cadre, une présence, une façon d’être avec les autres. Les échecs jeunesse, l’initiation, la progression, les tournois, tout cela compte. Mais derrière, il y a toujours des personnes.
Fahim montre aussi la puissance du lien entre un enfant et un adulte qui accepte de l’accompagner. Pas en l’enfermant dans son talent. Pas en le regardant seulement comme un champion potentiel. En le prenant au sérieux. Sur l’échiquier, cela commence souvent ainsi : on regarde une position ensemble, on cherche le bon coup, on comprend pourquoi une idée fonctionne ou échoue. Ce geste simple peut avoir beaucoup de poids.
Le cinéma aime les trajectoires exceptionnelles. Ici, le parcours de Fahim est évidemment hors norme. Mais le film touche aussi parce qu’il parle d’une chose plus commune : le besoin d’être reconnu, accueilli, guidé. Dans un monde où tout peut devenir administratif, brutal, impersonnel, une partie d’échecs peut encore créer une rencontre.
Fahim n’est donc pas seulement un film de cinéma sur les échecs. C’est un récit sur l’exil, la transmission, la confiance et la dignité. Un film où chaque coup joué porte quelque chose de plus grand que la partie elle-même. 🧳


Salle de la Halle
Rue de la Mairie - 46230 Lalbenque
Le mercredi
Enfants - 17h30 à 18h30
Adultes - 18h30 à 20h30
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