À quatre, la partie change de dimension
Deux équipes ou chacun pour soi : un même échiquier, deux façons de penser la partie. Voici les repères pour s’y retrouver.
Vous savez déjà jouer aux échecs ? Parfait.
Inutile de réapprendre comment avance un pion ou comment se déplace un cavalier.
Aux échecs à quatre, les pièces conservent leurs déplacements habituels. Ce qui change, c’est le plateau, la position de départ, l’ordre des joueurs, la promotion des pions et, surtout, la manière de penser la partie.
Une croix, quatre camps, 160 cases
Chaque joueur occupe l’un des quatre côtés avec une armée complète de 16 pièces. Les huit pions sont placés devant les pièces, en direction du centre.
Comment placer les pièces rouges ?
Tour – Cavalier – Fou – Dame – Roi – Fou – Cavalier – Tour
Les huit pions rouges sont placés sur la rangée immédiatement devant.
Comment placer les pièces bleues ?
De haut en bas : Tour – Cavalier – Fou – Roi – Dame – Fou – Cavalier – Tour
Les huit pions bleus sont placés juste devant les pièces, vers le centre.
Comment placer les pièces jaunes ?
Tour – Cavalier – Fou – Roi – Dame – Fou – Cavalier – Tour
Les huit pions jaunes sont placés juste devant les pièces, en direction du centre.
Comment placer les pièces vertes ?
De haut en bas : Tour – Cavalier – Fou – Dame – Roi – Fou – Cavalier – Tour
Là encore, les huit pions sont placés devant les pièces.
Trois coups avant de retrouver la main
L’ordre ne change jamais. La partie tourne dans le sens des aiguilles d’une montre.
Cette règle paraît anodine, mais elle transforme complètement le calcul. Entre deux de vos coups, trois joueurs peuvent intervenir.
Une diagonale peut s’ouvrir. Une pièce qui vous protégeait peut disparaître. Un adversaire peut créer une menace dont un autre joueur profitera avant même que vous puissiez répondre.
C’est l’une des grandes particularités des échecs à quatre.
Le même plateau, deux logiques très différentes
Votre partenaire est en face
Rouge joue avec Jaune.
Bleu joue avec Vert.
Vous ne pouvez pas capturer les pièces de votre partenaire.
L’objectif est de mater l’un des deux rois adverses. Dès qu’un joueur adverse est effectivement mat, son équipe perd la partie.
Une subtilité importante : le mat n’est définitivement constaté que lorsque vient le tour du joueur concerné. Avant cela, les autres joueurs peuvent encore modifier la position.
Cela crée des situations impossibles aux échecs classiques : une attaque peut être interrompue par votre partenaire, un adversaire peut ouvrir involontairement une ligne, ou une autre menace de mat peut devenir prioritaire.
Les trois autres joueurs sont vos adversaires
Ici, aucune équipe. La partie se joue avec un système de points. Il ne suffit donc pas nécessairement de rester le dernier joueur en vie : il faut accumuler davantage de points que les autres.
Lorsqu’un joueur est éliminé, ses pièces deviennent inactives et ne rapportent plus de points lorsqu’elles sont capturées.
La partie s’achève lorsque trois joueurs ont été éliminés.
Un pion doit aller beaucoup plus loin
Voilà une différence qu’il faut connaître dès le départ.
Chacun pour soi
Le pion est promu lorsqu’il atteint sa huitième rangée.
Jeu en équipe
La promotion intervient seulement sur sa onzième rangée.
Sur un plateau aussi vaste, conduire un pion jusqu’à la promotion devient donc une véritable aventure.
L’échec et le mat ne se pensent plus de la même façon
Aux échecs classiques, vous attaquez un roi et votre adversaire répond immédiatement.
À quatre, ce n’est plus forcément le cas.
Supposons que Rouge joue un coup. Bleu joue ensuite, puis Jaune, puis Vert, avant que Rouge ne retrouve la main.
Pendant ce temps, une pièce peut bouger et libérer une tour ou un fou appartenant à un autre joueur. Une attaque peut ainsi apparaître sans que la pièce qui donne finalement l’échec ait elle-même bougé.
C’est ce jeu de lignes ouvertes, de menaces croisées et d’ordre des coups qui donne aux échecs à quatre leur caractère si particulier.
On ne regarde plus seulement devant soi
Le plateau est beaucoup plus vaste qu’un échiquier classique.
Les dames et les fous disposent de longues diagonales et peuvent intervenir très loin de leur camp. Une attaque peut arriver de face, mais également des deux côtés.
Le cavalier, lui, conserve exactement son déplacement habituel, mais son rôle change souvent : il devient précieux pour défendre les abords du roi ou intervenir sur les ailes.
Et même certains réflexes classiques peuvent être trompeurs. Roquer, par exemple, ne met pas nécessairement le roi davantage en sécurité : selon votre position, vous pouvez au contraire le rapprocher d’un adversaire installé sur le côté du plateau.
Les questions que l’on se pose vraiment
Des réponses courtes et précises, à consulter pendant l’installation ou au cours d’une partie.
Quelle règle de référence suit cette page ?
Les échecs à quatre existent sous plusieurs formes. Cette page suit les règles standard de Chess.com, avec les précisions nécessaires pour jouer autour d’un échiquier réel.
Les pièces se déplacent-elles différemment ?
Non. Roi, dame, tours, fous et cavaliers se déplacent comme aux échecs classiques. Le cavalier saute toujours par-dessus les pièces.
Ce sont le plateau, l’ordre de jeu, la promotion des pions et les conditions de victoire qui changent.
Qui joue après moi ?
L’ordre est toujours le même : Rouge, Bleu, Jaune, Vert, puis Rouge à nouveau. Lorsqu’un joueur est éliminé, son tour est simplement sauté ; les autres continuent dans le même ordre.
Qui est mon partenaire lorsque l’on joue en équipes ?
Le joueur placé exactement en face de vous. Rouge joue avec Jaune, et Bleu avec Vert.
Puis-je capturer une pièce de mon partenaire ?
Non. Les deux armées alliées restent distinctes : elles ne peuvent ni se capturer ni se donner échec, mais elles peuvent se protéger, se gêner ou se bloquer.
Peut-on parler et se conseiller ?
En équipes, oui : c’est le principe même de la variante.
En chacun pour soi, chacun décide seul de ses coups. Il n’y a pas d’alliance convenue, de conseil de coup ni de demande explicite d’attaque contre un autre joueur.
Peut-on roquer ?
Oui, selon les règles classiques : le roi et la tour concernés ne doivent pas avoir bougé, aucune pièce ne doit se trouver entre eux, et le roi ne doit ni être en échec, ni traverser, ni terminer sur une case attaquée par une pièce active adverse.
Le roque est possible, mais il ne garantit pas la sécurité du roi : les attaques peuvent venir de trois directions.
La prise en passant est-elle autorisée ?
Oui. Elle suit la règle classique : elle n’est possible qu’immédiatement après l’avance de deux cases d’un pion adverse placé sur sa case initiale.
Quand un pion est-il promu ?
En chacun pour soi, un pion est promu en atteignant sa huitième rangée. Dans la règle standard de Chess.com, il devient automatiquement une dame, qui ne vaut ensuite qu’un point si elle est capturée.
En équipes, la promotion a lieu sur la onzième rangée ; le joueur peut choisir une dame, une tour, un fou ou un cavalier.
Que se passe-t-il lorsqu’un joueur est échec et mat en chacun pour soi ?
Il est éliminé immédiatement et ne joue plus. Son roi n’est pas retiré du plateau et aucune de ses autres pièces ne change de camp.
Toutes ses pièces deviennent inactives. Pour une partie sur échiquier réel, on les marque clairement, par exemple en les couchant sur le côté ou en posant un petit repère à côté de chacune d’elles.
Que se passe-t-il lorsqu’un joueur est pat en chacun pour soi ?
Le joueur est également éliminé et ses pièces deviennent inactives. Dans le barème standard de Chess.com, se mettre soi-même pat rapporte 20 points ; mettre un adversaire pat rapporte 10 points à chacun des joueurs encore actifs.
Les pièces d’un joueur éliminé restent-elles sur l’échiquier ?
Oui. Elles restent exactement là où elles se trouvaient au moment de l’élimination. Elles occupent donc toujours leurs cases et peuvent bloquer les lignes d’une tour, d’un fou ou d’une dame.
Ces pièces inactives donnent-elles encore échec ?
Non. Une pièce inactive ne se déplace plus, ne capture plus, ne protège plus et ne donne plus échec. Elle n’exerce plus aucune attaque, y compris le roi, les pions et les cavaliers.
Puis-je laisser mon roi en prise devant une pièce inactive ?
Oui. C’est légal : une tour, un fou, une dame, un cavalier, un pion ou un roi inactif ne contrôle plus aucune case.
Par exemple, si une tour d’un joueur éliminé se trouve sur la même ligne que votre roi, vous pouvez laisser cette ligne ouverte : cette tour ne peut plus vous donner échec.
Mon roi peut-il se placer à côté du roi d’un joueur éliminé ?
Oui. Le roi éliminé est inactif et ne contrôle plus les cases voisines. En revanche, deux rois appartenant à des joueurs encore actifs ne peuvent jamais être voisins.
Puis-je capturer une pièce inactive ?
Oui, notamment pour dégager une ligne ou libérer une case. Cette capture ne rapporte aucun point.
Le roi inactif peut lui aussi être capturé : il est traité comme une pièce inactive ordinaire. Il n’est jamais nécessaire de le capturer pour que l’élimination soit acquise.
Puis-je passer au travers d’une pièce inactive ?
Non. Une pièce inactive reste un obstacle matériel. Une tour, un fou ou une dame doit s’arrêter avant elle ou la capturer. Seul le cavalier peut la franchir, comme il le ferait avec n’importe quelle pièce.
Une pièce inactive peut-elle redevenir active ?
Non. L’élimination est définitive en chacun pour soi. Même si la position de mat disparaît ensuite, le joueur éliminé ne revient pas dans la partie.
Que se passe-t-il si un joueur abandonne ou perd au temps ?
La règle en ligne de Chess.com conserve alors son roi actif et le fait jouer automatiquement, ce qui ne peut pas être reproduit autour d’un échiquier réel.
Convention pratique du club : un abandon ou une perte au temps entraîne l’élimination immédiate du joueur. Toutes ses pièces, roi compris, deviennent inactives. Cette convention doit être annoncée avant le début de la partie.
Puis-je capturer le roi d’un joueur encore actif ?
Non. Comme aux échecs classiques, le roi actif ne se capture pas : il est mis échec et mat. La capture du roi n’est admise ici que lorsqu’il est déjà inactif, uniquement pour libérer sa case.
Un joueur peut-il être mis en échec par deux ou trois adversaires à la fois ?
Oui. Les menaces peuvent venir de plusieurs directions. Le joueur dont le roi est attaqué doit respecter toutes les attaques actives lorsqu’il joue.
Dans le barème standard de Chess.com, un coup qui donne échec simultanément à deux ou trois rois rapporte un bonus : avec une dame, 1 point pour deux rois et 5 points pour trois ; avec une autre pièce, 5 points pour deux rois et 20 points pour trois.
Que se passe-t-il si un seul coup mate deux joueurs ?
Ce cas très rare doit être annoncé avant la partie si l’on tient le score détaillé. Convention recommandée : le joueur marque 20 points pour chaque adversaire effectivement maté par son coup, puis les deux joueurs sont éliminés et leurs pièces deviennent inactives.
Qui gagne en chacun pour soi ?
La partie s’arrête lorsque trois joueurs sont éliminés. Le dernier joueur restant n’est pas automatiquement vainqueur : le vainqueur est celui qui totalise le plus de points.
Il faut donc noter les prises et les bonus au fur et à mesure. En cas d’égalité, la convention recommandée est de départager les joueurs par leur ordre d’élimination.
Quelles prises rapportent des points ?
Seules les pièces actives rapportent des points : pion 1 point, cavalier 3 points, fou 5 points, tour 5 points et dame 9 points. Une dame issue d’une promotion en chacun pour soi vaut 1 point.
Mater un adversaire rapporte 20 points. Prendre une pièce inactive ne rapporte rien.
Que se passe-t-il en cas de répétition de position, de règle des 50 coups ou de matériel insuffisant ?
Dans la règle standard de Chess.com, chaque joueur encore actif reçoit 10 points. Sur un échiquier réel, ces cas sont difficiles à contrôler sans feuille de partie ni arbitre.
Convention pratique du club : sauf partie arbitrée avec notation, la partie se poursuit ; les joueurs peuvent toutefois demander l’intervention de l’animateur si la position se répète manifestement.
Que se passe-t-il lorsqu’un joueur est mat en équipes ?
Son équipe perd la partie. Le mat n’est définitivement constaté que lorsque vient le tour du joueur concerné. Avant ce moment, les autres joueurs peuvent encore modifier la position.
Les règles sur les pièces inactives du chacun pour soi ne s’appliquent donc pas au jeu en équipes : la partie s’arrête dès que le mat est établi.
Pourquoi le jeu est-il plus difficile à calculer ?
Parce que trois coups sont joués entre deux de vos tours.
Il ne suffit donc plus de se demander : « Que va faire mon adversaire ? » Il faut aussi anticiper ce que peuvent faire les deux autres joueurs et dans quel état vous retrouverez la position lorsque votre tour reviendra.
L’échiquier devient un monde vu sous quatre angles
Les échecs à quatre ne consistent pas simplement à ajouter deux joueurs autour d’un échiquier.
Le changement de géométrie, les attaques venant de plusieurs directions, les alliances en équipes et l’ordre des quatre coups créent une manière différente d’observer et de calculer.
On retrouve les pièces que l’on connaît, les mêmes déplacements et une grande partie des principes du jeu classique.
Mais dès les premiers coups, une évidence apparaît :
à quatre, l’échiquier est le même univers… vu sous quatre angles différents.À découvrir aussi