Le Septième Sceau (The Seventh Seal), réalisé par Ingmar Bergman en 1957, commence par une image que beaucoup connaissent, même sans avoir vu le film.

Sur une plage de Suède, Antonius Block, un chevalier de retour des croisades, rencontre la Mort. Elle est venue le chercher. Il lui propose alors une partie d’échecs.
Le principe est simple : tant que la partie continue, le chevalier reste en vie. Il sait bien qu’il ne pourra pas gagner indéfiniment. Mais il cherche à retarder l’échéance, à avoir encore un peu de temps devant lui.

Une partie qui accompagne tout le film

Les échecs ne sont pas présents à chaque scène. Bergman ne montre pas une longue partie, coup après coup, comme dans un film consacré à un tournoi. L’échiquier revient à plusieurs moments, puis disparaît. Pourtant, il reste toujours dans l’esprit du spectateur.

Pendant ce temps, Antonius Block traverse une Suède touchée par la peste. Il rencontre des hommes et des femmes qui vivent avec la peur, le doute ou la résignation. Lui-même se pose beaucoup de questions. Il revient de la guerre sans vraiment savoir ce qu’il cherche encore.

C’est là que les échecs prennent toute leur place. Ils ne donnent pas de réponse. Ils permettent simplement au chevalier de continuer à réfléchir, de ne pas accepter tout de suite ce qui l’attend.

Une image devenue célèbre

L’idée de cette partie entre un homme et la Mort vient de peintures médiévales du peintre suédois Albertus Pictor. Bergman s’en est inspiré pour créer cette scène en noir et blanc, filmée par Gunnar Fischer, devenue l’une des plus connues de l’histoire du cinéma.

On pourrait croire que le film est sombre, et il l’est parfois. Mais il ne parle pas seulement de la mort. Il parle aussi de ce qui reste quand tout semble fragile : les rencontres, un repas partagé, une famille, un moment de calme.

Pour les joueurs d’échecs, cette partie a quelque chose de très particulier. Le chevalier ne joue pas pour le plaisir, ni pour montrer qu’il est le plus fort. Il joue parce que l’échiquier lui donne encore un peu de temps. Et parce que, tant que les pièces sont sur la table, il y a encore une décision à prendre.


Albertus Pictor, La Mort jouant aux échecs, vers 1480, église de Täby (Suède). Photographie : Håkan Svensson (Xauxa), via Wikimedia Commons — CC BY 2.5

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