Je n'ai pas encore vu ce documentaire.Je me suis même demandé pourquoi je n'en avais jamais entendu parler. J'aimerais quand même vous en dire quelques mots, simplement.
Magnus, réalisé par Benjamin Ree, est sorti en 2016. Il suit Magnus Carlsen depuis l'enfance jusqu'à son titre de champion du monde, remporté en 2013 face à Viswanathan Anand - grand maître à treize ans, champion du monde à vingt-deux. Le réalisateur a travaillé à partir de centaines d'heures d'images, dont des vidéos tournées par la famille Carlsen. On y voit Magnus enfant, chez lui, avec ses parents et ses sœurs.

Le film s'intéresse aussi à ce que ces chiffres laissent de côté : sa vie de famille, ses difficultés à trouver sa place. Il y a une scène où Carlsen joue simultanément contre dix adversaires, les yeux bandés. Il passe d'une table à l'autre sans voir les échiquiers et garde toutes les parties en mémoire. La scène est impressionnante. Et si je me souviens bien des images que j'ai vues passer, à la fin il reconstruit les parties et signe, comme s'il donnait un autographe. Est-ce que ce film va intéresser uniquement les joueurs d'échecs, ou un peu tout le monde ? 

Le Jeu de la dame a intéressé des tas de gens qui n'étaient pas forcément des joueurs ou des joueuses d'échecs. Pourquoi pas ce documentaire ? Et qu'est-ce qu'on pouvait bien montrer de lui en 2016 : un génie, ou un enfant obligé de jouer aux échecs par ses parents ? Génie ou enfant martyr ? Parce que Carlsen, c'est quand même un génie du jeu d'échecs. Il est brillantissime. Je crois que c'est le meilleur joueur de toutes ces décennies. Au Lalbenque Chess Club, il y a des gens passionnés, heureux, qui travaillent et qui viennent au club avec plaisir. Mais pas encore de futur champion du monde — sans vouloir vexer personne, bien sûr. 

À découvrir aussi

Pour aller plus loin