Il y a des films sur les échecs qui parlent surtout de compétition, de champions ou de grandes parties. Knights of the South Bronx, sorti en 2005 et réalisé par Allen Hughes, raconte autre chose.
Richard Mason est professeur dans une école du South Bronx, à New York. Il enseigne à des enfants qui grandissent dans un environnement difficile, où beaucoup de choses semblent déjà décidées pour eux. Un jour, il leur fait découvrir les échecs.
Au départ, ce n’est qu’un jeu posé sur une table. Mais très vite, quelque chose se passe.
Les enfants apprennent à réfléchir avant de jouer, à anticiper, à accepter une erreur, à recommencer. Ils découvrent surtout qu’ils sont capables de comprendre, de progresser et de gagner.
Ce que les échecs peuvent changer
Le film ne cherche pas à faire des échecs quelque chose de magique. Il montre simplement ce qu’un jeu peut provoquer lorsqu’il arrive au bon moment et qu’il est transmis par quelqu’un qui croit dans les capacités de ceux qui sont devant lui.
Sur un échiquier, rien n’est joué d’avance. Il faut regarder, réfléchir, faire un choix et en accepter les conséquences. Pour ces enfants, cette manière de penser devient peu à peu bien plus qu’une façon de jouer.
Et c’est probablement là que le film est le plus juste.
Il s’inspire de l’histoire de David MacEnulty, enseignant new-yorkais qui, dans les années 1990, a initié ses élèves aux échecs et les a accompagnés jusqu’à des compétitions scolaires nationales.
Derrière le scénario, il y a donc une histoire réelle. Celle d’un professeur, d’enfants et d’un échiquier qui devient progressivement un outil de confiance et d’apprentissage.
Transmettre autre chose qu’un jeu
Ce qui m’intéresse surtout dans Knights of the South Bronx, ce ne sont finalement pas les parties.
C’est ce qui se passe autour.
Le moment où un enfant comprend qu’il peut réussir quelque chose. Celui où il commence à réfléchir autrement. Celui aussi où un adulte prend le temps de lui transmettre ce qu’il sait, sans savoir exactement jusqu’où cela pourra le conduire.
À Lalbenque Chess Club, nous retrouvons forcément un peu de cela lorsque nous faisons découvrir le jeu aux plus jeunes. On commence par expliquer comment se déplace une pièce, pourquoi il vaut mieux réfléchir avant de jouer, comment regarder ce que prépare l’adversaire.
Et puis, petit à petit, il se passe autre chose.
On apprend à patienter. À perdre sans tout abandonner. À recommencer. À chercher une autre solution.
C’est sans doute aussi pour cela que les échecs traversent les générations et les milieux sociaux avec autant de facilité.
Il suffit finalement d’un échiquier, de deux chaises et de quelqu’un qui accepte de transmettre.
Knights of the South Bronx raconte cela très simplement. Et c’est déjà beaucoup.
