Avec Le Temps d’un battement d’aile de papillon, paru en 2025 aux éditions Spinelle, Basile Gilquin part d’une idée assez étonnante : et si l’on pouvait recommencer une vie en conservant les souvenirs de la précédente ?
Mara François naît avec les souvenirs d’un homme qui a vécu vingt-cinq ans. Elle doit pourtant tout recommencer : grandir, apprendre, découvrir une nouvelle existence, alors qu’elle porte déjà en elle une expérience qui ne correspond ni à son âge ni à sa nouvelle identité.
Et dans cette seconde vie, les échecs vont prendre une place essentielle.
Mara se fixe un objectif pour le moins ambitieux : devenir championne du monde d’échecs avant ses vingt-cinq ans.
Pour un joueur, le point de départ est forcément intéressant. Nous avons tous, après une partie perdue, pensé que nous jouerions autrement si nous pouvions la recommencer en sachant ce que nous savons maintenant. Mais les échecs ont cette particularité : on peut apprendre de ses erreurs, connaître une ouverture, reconnaître une position, rien ne garantit que la partie suivante prendra le même chemin.
C’est précisément ce qui rend l’idée du roman intéressante. Mara possède une expérience qu’une enfant ne devrait pas avoir, mais elle doit malgré tout construire une nouvelle vie. La mémoire lui donne une longueur d’avance ; elle ne peut pas décider de tout à sa place.
Basile Gilquin, né en 1995 à Ivry-sur-Seine et passé par CentraleSupélec, a mis sa carrière entre parenthèses en 2021 pour se consacrer à l’écriture de ce premier roman.
Les échecs lui offrent ici bien davantage qu’un décor. Ils deviennent une manière de parler de l’expérience, des choix que l’on fait et de cette question que chacun peut un jour se poser : si je pouvais recommencer, qu’est-ce que je ferais différemment ?
Nous n’avons évidemment pas la possibilité de rejouer notre vie. Devant un échiquier, en revanche, nous pouvons toujours commencer une nouvelle partie.
Et peut-être est-ce déjà beaucoup.
Basile Gilquin, Le Temps d’un battement d’aile de papillon, éditions Spinelle, 2025.
